Pourquoi les enseignants seront en grève jeudi 10 février 2011

Des postes supprimés, des classes surchargées !

205 emplois d’enseignants et personnels administratifs repris aux départements de Midi-Pyrénées, malgré 4200 élèves supplémentaires (1433 dans le primaire et 2768 dans le secondaire) prévus pour la rentrée 2011, et les besoins criants de l’École Publique dans notre académie. Dans le secondaire ce sont 32 emplois d’enseignants qui seront retirés. Les écoles perdront 150 emplois, dont 100 d’enseignants et 50 d’intervenants en langues vivantes.
Les seuils d’ouverture de classe en Haute Garonne sont parmi les plus élevés, surtout en maternelle. L’IA compte user encore et toujours plus de la globalisation des effectifs pour accueillir plus de 1200 élèves supplémentaires à la rentrée sans aucun moyen nouveau. Il envisage de ne pas ouvrir certaines classe pourtant nécessaires. Les classes à 28, 30, 32… se comptent par centaines. Les classes se remplissent sans que l’on atteigne les seuils pour ouvrir une nouvelle classe. Colomiers ou Grenade par exemple, sont des exemples édifiants de cette gestion globalisée des effectifs..
La carte scolaire dans notre département, avec sa situation particulière de cumul d’un gros pôle urbain et de zones rurales importantes, ne peut se gérer seulement en termes de moyennes. Le Service public doit être présent sur tout le territoire, et cela a un coût légitime.

Conditions de travail : halte à la surcharge !

Formulaires, tableaux, évaluations, enquêtes… les tâches de nature administrative s’accumulent, les exigences et le contrôle de l’administration se renforcent… La pression sur le métier devient plus forte. Les classes sont de plus en plus chargées. Au quotidien, nous avons de plus en plus « le nez sur le guidon ». Nous avons du mal à prendre de la distance, à trouver du temps pour réfléchir au pédagogique en équipe. Parallèlement, de plus en plus d’écoles se voient retirer leur aide administrative assurée par les employés de vie scolaire en contrats CUI. Les contrats ne sont pas renouvelés. Les conditions faites à ces personnels sont scandaleuses (contrats de 6 mais à 20h par semaine, pas de renouvellement au delà de 12 mois…).

Notre métier c’est avant tout l’enseignement devant la classe. Il faut de vrais emplois d’aide administrative, avec un statut et un vrai salaire. Il faut des classes avec des effectifs raisonnables (pas plus de 25 par classe en élémentaire).

Seuils : de plus en plus hauts !

Alors que notre département possède déjà les seuils d’ouverture parmi les plus élevés de France 27 de moyenne en élém, 32 en mat), l’IA devrait décider de ne pas les changer… avant la rentrée prochaine, où cela lui semble inéluctable. Bel horizon en perspective.

Scolarisation en maternelle : de plus en plus tard…

Dans un contexte national de non remplacement d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la scolarisation des deux ans en Haute Garonne a chuté a seulement 5 % de la classe d’âge, contre 30,57 % en 2002.

Ils revendiquent une politique de la petite enfance porteuse d’égalité du service public sur les territoires, une politique qui permette de garantir une transition entre les modes de garde (foyer familial, crèche, assistante maternelle…) et l’école maternelle. L’accueil des enfants de 2 ans doit être possible dans de bonnes conditions (effectifs à 15 maxi) dans une école maternelle ayant les moyens de fonctionner et qui ne devienne pas un « moyen de garde gratuit ».

RASED : le démantèlement continue

Lorsqu’en 2008 le gouvernement avait décidé de supprimer progressivement les RASED, les mobilisations de la communauté éducative avaient obligé le ministère à reculer… partiellement… 1/3 des postes avaient été supprimés.

Depuis la volonté de démantèlement est toujours présente, de manière plus insidieuse : pas de départs en formation spécialisée E et G, fermeture discrète de postes vacants. Les choix de la carte scolaire 2011 sont porteurs de nouvelles remises en cause. Les postes RASED sont un des “viviers” proposés par le ministère. L’IA de Haute-Garonne ne se prive pas de puiser dedans : 14 postes seraient supprimés à la rentrée. A ceux-ci se rajouteront des postes d’ASH.

Des actions sont en cours avec le collectif qui rassemble organisations syndicales, associations professionnelles, parents d’élèves et mouvements pédagogiques. Un appel national pour la défense des RASED et de ses missions de service public a été lancé dans le cadre des actions contre ce budget désastreux pour l’éducation.

Une formation initiale et continuée sacrifiée

Suppression de l’année de formation professionnelle à l’IUFM, utilisation des stagiaires comme moyens d’enseignement, suppression de postes de brigades de remplacement, réduction de l’offre et de la durée des stages, logique de court terme…

La formation des enseignants est aujourd’hui en bien piteux état, alors que c’est un enjeu capital pour améliorer l’Ecole.

Plus que jamais, le SNUipp et la FSU réaffirment qu’enseigner est un métier qui s’apprend ! Il revendiquent une véritable formation professionnelle à l’IUFM.

Une prise en charge des élèves handicapés loin de l’ambition affichée

Malgré la loi de 2005 qui institue un droit d’accueil pour tous les élèves en situation de handicap, l’Education Nationale n’a jamais mis les moyens nécessaires à cette intégration.

En effet, la seule réponse en terme de moyens humains est l’embauche de personnels de plus en plus précarisés, sans formation. Aujourd’hui dans notre département, de nombreuses notifications ne sont pas suivies d’effet ; la rotation accélérée des personnels déstabilise le dispositif.Il revendique des emplois statutaires de personnels formés à cette fonction qui nécessite des compétences particulières.

Remplacements : toujours à la baisse

Parmi les postes que l’IA peut fermer sans que cela se voit trop dès la rentrée, figurent ceux des remplaçants. En Haute-Garonne, ces dernières années, des dizaines de postes ont déjà disparu. Combien à la rentrée 2011 ?