Quand CHATEL s’attaque à l’os, l’Inspection Académique dépèce

Communiqué FCPE 31

Révision Générale des Politiques Publiques, Pacte de stabilité, Rétablissement des finances publiques, crise économique ou pas, toutes les arguties sont bonnes pour justifier des réductions drastiques des moyens publics dans l’éducation nationale.

Les parents d’élèves sont montrés du doigt, jetés à la vindicte publique : comme étant démissionnaires, comme étant de mauvais parents. L’état leur supprime les allocations familiales, l’état soutient par des réductions d’impôts les officines privées peu scrupuleuses de leur clientèle, l’état ménage de manière éhontée les établissements privés sous contrat. Donner à ceux qui ont plus et prendre à ceux qui ont le moins ! Un élève scolarisé dans le privé coûte plus cher à l’état qu’un élève scolarisé dans le public. 20 % des dépenses pour 17 % des élèves scolarisés. Combien coûte en réalité à l’état, l’éducation des enfants issus des 5% des ménages ayant les revenus les plus élevés du pays ?

Dans notre région, nous notons une forte corrélation entre la dégradation des conditions d’accueil et de travail de nos enfants avec les résultats catastrophiques du système scolaire.

Et c’est dès le primaire que nos enfants subissent ces dégradations avec la suppression des RASED, la diminution du temps d’enseignement, le non-remplacement des enseignants absents, les projet de fusion des écoles, la globalisation des effectifs et des classes qui chaque année sont de plus en plus surchargées.

En cinq ans nous sommes passés de 66 à 62 % d’une classe d’âge accédant au baccalauréat, une baisse sans précédent, qui est la conséquence directe de la dégradation des taux d’encadrement dans notre académie. Chaque année il manque 1 300 bacheliers en Midi-Pyrénées.

Avec un taux de scolarisation des moins de trois ans que je qualifierai de résiduel, à 9% soit 2,5 % en dessous de la moyenne nationale. Un nombre d’élèves par classe dans notre département de 1 point supérieur à la moyenne nationale

D’après les critères du Ministère de réduction des dépenses, l’Inspection Académique de la Haute Garonne est plutôt un bon élève. La FCPE ne s’y trompe pas, ce sont nos enfants qui en font les frais, c’est l’économie de demain de notre département qui en fera demain les frais. Monsieur l’inspecteur d’académie, je tiens à rappeler au CDEN les exigences de la FCPE en terme d’effectifs : pas plus de 25 élèves par classe, quel que soit le niveau.

Aujourd’hui, les seuils d’ouverture de classe en Haute-Garonne sont de 32* en maternelle et de 28 en élémentaire. Ces seuils que vous appliquez à certaines écoles et à des communes entières, masquent des disparités d’effectifs inacceptables pour la FCPE. Nous demandons des conditions d’accueil dignes.

Pendant 184 jours, des journées de 6 à 7 heures de cours sont imposées à nombre de nos enfants qui ont entre 2 et 11 ans, est ce bien sérieux ? La circulaire de préparation de la rentrée du ministre pointait la question des rythmes scolaires Concrètement à la rentrée prochaine aucune école supplémentaire dans notre département n’ira vers plus de respect des rythmes de nos enfants.

Densification des programmes, réduction des temps d’apprentissage, augmentation de la promiscuité dans les classes, comment dans ces conditions penser que les discours d’augmentation du niveau général ne restera pas théorique. Pardon, si je reprends la glose du ministère : « mobiliser les gisements d’efficience »...« sans dégrader les performances globales », nous n’en sommes même plus a une amélioration globale du niveau général, mais à un simple maintien global. Si je comprends bien ce n’est pas très grave si les disparités sociales devenues aujourd’hui insupportables pour beaucoup continuent de se creuser.

La rentrée 2010 s’annonce mauvaise, nous n’accepterons pas que nos enfants soient confiés à des enseignants sans formation. La FCPE ne se résignera pas, elle n’acceptera pas l’inacceptable. Elle demande le respect et la dignité dans les conditions d’apprentissage que vous imposez à nos enfants et aux enseignants.